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Chauffeur VTC, j'utilise dans le cadre de mon activité une célèbre plateforme sur Internet. Les conditions étant très restrictives, puis-je obtenir la requalification de mon contrat en contrat de travail ?

Publié par Allianz PJ le 12/04/2017 - Dernière modification le 14/08/2019
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Le chauffeur VTC qui s’inscrit sur une plateforme Internet pour proposer ses services doit valider les « conditions générales » du contrat. En contrepartie de l’utilisation des services de la plateforme, la société perçoit une commission sur les courses du chauffeur. Si le VTC est en principe un entrepreneur indépendant et non un salarié de la plateforme, la Cour de cassation considère que l’existence d’une relation de travail ne dépend ni de la volonté exprimée par les parties ni de la dénomination qu’elles ont donné à leur convention mais des conditions de fait dans lesquelles est exercée l’activité de l’intéressé. Pour qualifier votre relation avec la plateforme Internet, le juge prend en compte les conditions effectives d’exercice de l’activité.

Quels sont les critères du contrat de travail ?

La jurisprudence établit 3 critères du contrat de travail :
  • Un lien de subordination juridique : la prestation de travail subordonnée est le critère décisif du contrat de travail. Ce lien se caractérise par l’exécution d’un travail sous l’autorité d’un employeur qui a le pouvoir de donner des ordres et des directives, d’en contrôler l’exécution et de sanctionner les manquements du subordonné. Le travail au sein d’un service organisé peut donc constituer un indice du lien de subordination.
  • Une prestation de travail effectif : le salarié met sa capacité de travail à la disposition de l’employeur.
  • Une rémunération : le contrat de travail est un contrat à titre onéreux. Le contrat ne peut pas être qualifié de « contrat de travail » sans rémunération (cas du bénévolat).

Mon contrat peut-il être requalifié en contrat de travail ?

Même si légalement vous êtes non-salarié et immatriculé au registre du commerce et des sociétés, vous pouvez tout de même établir que vous fournissez des prestations à un donneur d’ordre dans des conditions qui vous placent dans une lien de subordination juridique permanente à l’égard de celui-ci. Pour requalifier le contrat vous liant à la plateforme, vous devez ainsi prouver que la société exploitant la plateforme exerce un pouvoir de direction et de contrôle (par exemple le port d’une tenue vestimentaire particulière ou encore les horaires de travail). La présence d’une clause d’exclusivité vous empêchant de fournir vos services à d'autres plateformes ou de constituer votre propre clientèle, vous rend mécaniquement dépendant de la-dite plate-forme. Le Conseil des prud'hommes s’est récemment basé sur ce constat pour caractériser l'existence d'un lien de subordination, et par conséquent conclure l'existence d'un contrat de travail liant le chauffeur VTC à la plate-forme. Toutefois, la question de la qualification du contrat relève de l’appréciation souveraine des conseillers prud’hommaux et des juges qui apprécient les situations au cas par cas. Il est toutefois nécessaire ici de préciser qu’il existe un précédent. Le 28 novembre 2018, la Cour de cassation a requalifié les contrats des livreurs qui travaillaient auprès d’une plate-forme de livraison de nourriture à domicile et qui exerçaient tous sous forme d’auto-entrepreneurs. La Cour de cassation a requalifié les contrats des livreurs en retenant d’une part que les coursiers étaient géolocalisés et que le nombre de kilomètres faits par jours étaient comptabilisés et d’autre part, que la société pouvait sanctionner les coursiers, ce qui permettait de caractériser l’existence d’un lien de direction, lui-même se déduisant du pouvoir de donner des ordres, directives, de contrôler l’exécution de ces directives et, le cas échéant, de sanctionner le coursier en cas de non respect.
Référence(s) juridique(s)
Article L1221-1 du Code du travail.
Cass. soc., 13 novembre 1996, n° du pourvoi : 94-13187.
Cass. soc., 19 décembre 2000, n° du pourvoi : 98-40572.
Cass. soc., 29 juillet 2002, n° du pourvoi : 99-42697.
Cass. civ. 2e, 7 juillet 2016, n° du pourvoi : 15-16110.
Conseil de prud’hommes de Paris, 20 décembre 2016, n° 14-11044.
Cass. soc., 28 novembre 2018, n° de pourvoi : 17-20079.

Publié par Allianz PJ le 12/04/2017 - Dernière modification le 14/08/2019

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